Dans la quiétude de Médine, une ombre s'était abattue sur la maison de Khawla bint Tha'labah. Des mots anciens, prononcés dans un accès de colère par son mari, l'avaient laissée dans un silence suspendu, ni mariée, ni libre. Une injustice héritée d'un temps révolu pesait sur ses épaules.
Mais la foi de Khawla était plus forte que son désespoir. Elle savait qu'il n'y avait qu'une seule porte à laquelle frapper. Le cœur lourd mais l'esprit déterminé, elle traversa les ruelles endormies, ses pas guidés par la Voie Lactée qui s'étendait au-dessus d'elle comme un chemin de lumière.
Elle arriva devant le Messager d'Allah (sws) et lui exposa sa peine. "Ô Messager d'Allah," dit-elle, la voix brisée, "il a consumé ma jeunesse et je lui ai tout donné. Maintenant que je suis âgée, il me délaisse. Je me plains à Allah de ma condition."
Le Prophète (sws) l'écouta avec une profonde compassion. Mais sur ce sujet précis, aucune révélation ne lui était encore parvenue. "Je crains que tu ne lui sois devenue illicite," répondit-il avec une infinie douceur, le cœur serré de ne pouvoir lui offrir une autre solution.
Le cœur de Khawla se serra, mais sa conviction en la justice divine resta intacte. Elle insista, non par défi, mais par une foi inébranlable. Levant son regard vers le ciel invisible, elle s'écria : "Ô Allah ! C'est à Toi que je me plains !"
Son dialogue se fit plus intime, un murmure entre elle et son Créateur. "Mon Dieu, Tu vois ma solitude et ma détresse. Fais descendre sur Ton Prophète une issue qui me sauvera, moi et mes enfants." Sa prière monta, pure et sincère, dans le silence de la nuit.
À cet instant précis, un changement s'opéra chez le Messager d'Allah (sws). Une quiétude solennelle l'enveloppa, le signe familier qu'une révélation divine descendait sur lui. Non loin de là, son épouse Aïcha observait la scène avec un respect mêlé d'admiration.
Lorsque la révélation fut achevée, le visage du Prophète (sws) s'éclaira. Il se tourna vers Khawla et sa voix était porteuse de la plus belle des nouvelles. "Ô Khawla, réjouis-toi. Allah a entendu ta plainte depuis le dessus des sept cieux."
Puis il récita les versets qui venaient de lui être révélés : "Allah a bien entendu la parole de celle qui discutait avec toi à propos de son époux et se plaignait à Allah. Et Allah entendait votre conversation, car Allah est Audient et Clairvoyant." (Sourate Al-Mujadila, 58:1).
Les versets continuaient, abolissant une coutume injuste et apportant une solution miséricordieuse. La voix d'une seule femme, portée par la foi, avait traversé les cieux pour instaurer une loi divine, rappelant à jamais que le Créateur est Al-Sami', Celui qui entend tout.
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