Sous le ciel de velours de Médine, constellé de diamants purs, deux silhouettes se tenaient sur une dune de sable beige. C'étaient Dhiraar et sa sœur, Khawla. Plus que le sang, c'est une foi ardente et un esprit indomptable qui les unissaient. Ils ne regardaient pas les étoiles comme de simples lumières, mais comme les témoins silencieux de la Révélation.
Dhiraar, guerrier reconnu pour sa bravoure, voyait en sa sœur une flamme égale à la sienne. Dans le silence du désert, loin des regards, il lui enseignait le maniement de l'épée. "La force ne réside pas dans le bras, Khawla," disait-il, "mais dans la certitude qui habite le cœur."
Un jour, l'appel au combat retentit lors de la bataille de Yarmouk. Guidés par l'étendard de la foi, les hommes, dont le valeureux Dhiraar, se préparèrent à partir. Khawla les observait, le cœur serré, adressant ses prières pour leur victoire et leur retour sain et sauf.
Les jours passèrent dans une attente angoissante.
Lors d'une des grandes batailles contre l'Empire byzantin en Syrie, Dhiraar mena un assaut trop audacieux. Il fut cerné, son cheval fut blessé et, après avoir vaillamment combattu jusqu'à épuisement, il fut capturé par les troupes ennemies et emmené en captivité.
Lorsque l'armée musulmane revint sans Dhiraar, Khawla se rendit compte que son frère était tombé aux mains de l'ennemi. Elle fut submergée de chagrin, mais sa douleur se transforma rapidement en une volonté de fer.
Khawla ne pouvait pas supporter l'idée que son frère soit prisonnier. Elle décida de partir elle-même pour le secourir. Pour cette mission dangereuse, Khawla enfila une armure de combat complète. Elle couvrit son visage d'un voile (ou d'un pan de turban) pour dissimuler son identité. Elle s'arma de sa lance, de son épée et de son bouclier, et enfourcha sa monture.
Elle rejoignit le champ de bataille, mais au lieu de se joindre au gros de l'armée, elle s'élança seule vers les lignes ennemies. Tel un vent de sable, elle chargea la troupe byzantine avec une férocité et une compétence jamais vues. Elle frappait de sa lance, brisant les rangs et cherchant désespérément à localiser l'endroit où Dhiraar était détenu.
Les soldats musulmans qui assistaient à cette scène furent émerveillés. Ils virent un cavalier masqué, agile, audacieux et terriblement efficace. Même le grand général, Khalid ibn al-Walid (surnommé l'Épée d'Allah), fut impressionné par le courage et la technique de ce mystérieux guerrier. Il ordonna à son armée de suivre la charge pour soutenir ce héros inconnu.
Après la fin des combats et une victoire partielle, Khalid ibn al-Walid s'approcha du guerrier masqué. Khalid lui demanda : "Qui es-tu, ô cavalier ? Par Allah, tes prouesses ont surpassé celles des hommes !". Le guerrier ne répondit pas. Khalid insista. Finalement, face à l'insistance du général, le cavalier masqué retira son voile et révéla qu'il était Khawla bint al-Azwar, la sœur de Dhiraar. Khawla expliqua : "Ô Commandant ! J'ai appris que mon frère a été capturé, et j'étais si triste que j'ai pris ma décision. J'ai fait ce que j'ai fait pour tenter d'atteindre l'endroit où il est, ou de mourir en cherchant à le délivrer."
Impressionné et ému, Khalid laissa Khawla commander un groupe de cavaliers et se joignit à elle pour une offensive de sauvetage ciblée. Ils réussirent à localiser Dhiraar et d'autres prisonniers musulmans. Khawla combattit vaillamment, menant la charge, jusqu'à ce que son frère soit libéré, sain et sauf.
Khawla est ainsi devenue l'un des plus grands symboles de courage féminin dans l'histoire musulmane, démontrant que la bravoure n'est pas limitée par le genre.
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