Loin en Perse, dans la ville d'Ispahan, vivait un jeune homme nommé Rouzbeh, fils d'un notable respecté. Sa vie était consacrée à un devoir sacré : veiller sur le feu zoroastrien, une flamme qui ne devait jamais s'éteindre. Mais dans le silence de ses longues gardes, son cœur aspirait à une lumière plus profonde que celle des flammes dansantes.
Un jour, attiré par un chant mélodieux, il découvrit une église chrétienne. Il y vit des hommes et des femmes priant dans une humble dévotion, le front contre le sol. Leur quiétude et leur soumission à un Dieu invisible touchèrent son âme d'une manière que le feu rugissant n'avait jamais fait. La vérité, sentit-il, se trouvait sur ce chemin.
Défiant la volonté de son père qui voulait le retenir, Rouzbeh quitta sa patrie et sa richesse. Il rejoignit une caravane, son seul bagage étant une soif inextinguible de connaissance. Sous le manteau infini de la Voie Lactée, son long voyage de chercheur de vérité commença.
En Syrie, il se mit au service d'un vieil évêque réputé pour sa piété. Rouzbeh servait son maître avec une loyauté sans faille, et en retour, l'évêque lui enseignait les écritures et lui parlait de la venue prochaine d'un dernier prophète, un sceau à la lignée des messagers divins.
Sur son lit de mort, le vieil homme fit ses dernières recommandations à Rouzbeh : "Va vers la terre des Arabes, une terre entre deux champs de lave, où poussent les palmiers. Le prophète qui y apparaîtra acceptera les cadeaux, mais jamais l'aumône, et il portera entre ses épaules le Sceau de la Prophétie."
En route vers l'Arabie, Rouzbeh fut trahi par ses compagnons de voyage et vendu comme esclave. Passant de maître en maître, le destin le mena finalement à Yathrib, une oasis verdoyante de palmiers. Malgré les chaînes de la servitude, son cœur reconnut la terre de la prophétie.
Bientôt, la nouvelle de l'arrivée d'un homme de La Mecque, Muhammad, que la paix et les bénédictions soient sur lui, parvint à ses oreilles. Rouzbeh rassembla quelques dattes et alla à sa rencontre. Il les lui présenta comme une aumône. Le Prophète remercia Rouzbeh mais distribua les dattes à ses compagnons, sans en manger une seule. Le premier signe était là.
Le lendemain, Rouzbeh revint, offrant cette fois les dattes comme un cadeau. Le Prophète sourit et partagea le présent avec lui. Puis, comprenant la quête qui animait le cœur de Rouzbeh, il se détourna légèrement et écarta son vêtement, révélant entre ses épaules le Sceau de la Prophétie. En larmes, Rouzbeh tomba à genoux. Sa quête était terminée.
Rouzbeh, désormais appelé Salman, embrassa l'Islam. Le Prophète et la communauté des croyants se cotisèrent pour acheter sa liberté. Il n'était plus Salman le Perse, l'étranger, mais "Salman minna Ahl al-Bayt" - "Salman fait partie de notre famille".
Des années plus tard, lors du siège de Médine, alors que la jeune communauté musulmane était menacée, ce fut Salman qui proposa une stratégie inédite en Arabie : creuser une tranchée pour protéger la ville. Le long voyageur, le chercheur de vérité, était devenu par la grâce de Dieu un protecteur et un sage pour sa nouvelle famille.
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