Sous un ciel d'un bleu nuit profond, où la Voie Lactée dessinait un chemin de lumière, le petit Ismaïl se tenait dans le jardin. Le silence n'était rompu que par le chant des grillons. De la maison, un doux murmure s'éleva, pas une chanson, mais un son apaisant et à peine audible. C'était la voix de sa mère.
Curieux, Ismaïl entra sans un bruit. Dans le salon baigné d'une lumière tamisée, sa mère, Maryam, était sur son tapis de prière. Vêtue de son voile beige, elle était prosternée, le front au sol, dans une posture de dévotion et de paix absolue.
Quand elle eut terminé, Maryam s'assit et se tourna vers Ismaïl, qui la regardait avec de grands yeux interrogateurs. « Maman, » demanda-t-il doucement, « à qui parlais-tu ? Je n'ai presque rien entendu. » Maryam lui sourit. « Je parlais à Allah, mon trésor. C'est la prière, la Salat. On parle avec son cœur, dans un murmure tout bas. »
Elle tapota la place à côté d'elle. « La prière est un cadeau. C'est un moment, cinq fois par jour, où nous pouvons nous arrêter et nous souvenir de Celui qui a créé toutes ces étoiles. Allah nous dit dans le Coran :
"Récite ce qui t'est révélé du Livre et accomplis la Salât (la prière). En vérité la Salât préserve de la turpitude et du blâmable. Et le rappel (Dhikr) d'Allah est certes ce qu'il y a de plus grand. Et Allah sait ce que vous faites." (Coran, 29:45)
C'est notre moment de calme. »
Yasin, le père d'Ismaïl, entra dans la pièce, un sourire paisible sur le visage. Il posa une main sur la tête de son fils. « Ta mère a raison. La prière, c'est comme murmurer tes secrets au ciel, en sachant que le Créateur de tout l'univers t'écoute attentivement. »
Yasin ajouta, en déroulant son propre tapis de prière : « Allah est toujours proche de nous, Ismaïl. Il nous le promet dans le Coran :
"Et quand Mes serviteurs t'interrogent sur Moi... alors Je suis tout proche : Je réponds à l'appel de celui qui M'invoque quand il M'invoque. Qu'ils répondent donc à Mon appel, et qu'ils croient en Moi, afin qu'ils soient bien guidés." (Coran, 2:186)
Il n'y a pas de distance entre notre cœur et Lui. »
Ismaïl regarda son père et sa mère. Il sentait la tranquillité qui émanait d'eux, une paix si profonde qu'elle emplissait toute la pièce. Il voulait, lui aussi, ressentir cette connexion. « Je peux... je peux essayer de parler à Allah avec vous ? »
Le visage de Yasin s'illumina. Il prit un petit tapis de prière beige, de la taille d'Ismaïl, et le déroula tendrement à côté du sien. « Ta place a toujours été là, mon fils. Viens. »
Ismaïl se tint debout à côté de son père. Il imita ses gestes, levant les mains, s'inclinant, se prosternant. Il ne connaissait pas encore les mots, mais son cœur, lui, parlait. Il se sentait en sécurité, uni à son père et connecté à Quelque Chose d'aussi infini que le ciel au-dessus de lui.
Après la prière, Maryam enlaça son fils. « Tu vois, » murmura-t-elle, « la prière, c'est le fil de lumière qui relie notre petit cœur à toute l'immensité du Très-Haut. » Ismaïl regarda la Voie Lactée, et pour la première fois, il eut l'impression qu'Allah lui murmurait en retour.
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