Sous un ciel de velours bleu nuit, piqué d'étoiles scintillantes, le petit Ismaïl observait son père, Yasin. Dans le silence apaisant du soir, Yasin glissait quelques pièces dans une jolie boîte en bois posée sur une étagère. Le son cristallin des pièces résonna doucement dans la pièce.

« Papa, qu'est-ce que c'est que ce trésor ? » demanda Ismaïl en s'approchant. Yasin se retourna avec un sourire et ouvrit la boîte, invitant son fils à le rejoindre. « Ce n'est pas mon trésor, mon fils. C'est le trésor de la Zakat. »

Maryam, la mère d'Ismaïl, entra dans la pièce, son voile beige flottant doucement. Elle s'assit près d'eux. « La Zakat, mon chéri, c'est un cadeau que l'on fait. Imagine que nous avons un grand gâteau. La Zakat, c'est partager une petite part pour que ceux qui n'en ont pas puissent aussi goûter à la douceur. »

Yasin ajouta d'une voix douce : « C'est un pilier de notre foi, un commandement d'Allah pour nous aider à nous souvenir et à être reconnaissants. Dans le Coran, Il nous dit :

"Et accomplissez la Salât (la prière), et acquittez la Zakât (l'aumône), et inclinez-vous avec ceux qui s'inclinent (les Râki'ûn)." (Coran, 2:43)

C'est une façon de purifier nos biens et nos cœurs. »

« Mais... à qui on donne ce trésor ? » demanda Ismaïl, les yeux grands ouverts. Maryam lui répondit : « Nous le donnons à ceux qui sont dans le besoin. Les pauvres, les voyageurs en difficulté, ceux qui n'ont pas de maison ou pas assez à manger. C'est un droit qui leur est dû. »

« Allah nous a expliqué précisément à qui donner, pour être sûr que l'aide arrive aux bonnes personnes, » continua Yasin. « Comme il est dit dans le Coran :

"Les aumônes (As-Sadaqât) ne sont destinées que pour les pauvres, les indigents, ceux qui y travaillent, [...]." (Coran, 9:60)

En donnant, c'est comme si on nettoyait un miroir. Notre cœur devient plus clair et plus proche d'Allah. »

Ismaïl réfléchit. Il pensa à son petit camarade de classe qui n'avait pas toujours un goûter. Il pensa aux histoires de familles qui n'avaient pas de maison chaude. Une idée germa dans son cœur. Il se leva et courut doucement vers sa chambre.

Il revint avec sa tirelire et en sortit quelques pièces, ses économies pour un petit jouet. Avec un cœur rempli d'une joie nouvelle, il les déposa une à une dans la boîte de la Zakat. Le tintement des pièces était cette fois-ci le plus beau son du monde.

Maryam posa une main sur sa tête. « Mon fils, ton geste est immense. Chaque petite pièce donnée avec un cœur sincère est comme une nouvelle étoile qui s'allume dans le ciel. Elle brille aux yeux d'Allah. »

La famille se tint un instant en silence, unie dans ce geste de partage. Ismaïl ne se sentait pas plus pauvre d'avoir donné ses pièces. Au contraire, il sentait son cœur léger et chaud, aussi vaste que la voie lactée qui s'étendait au-dessus de leur maison. Il avait compris que la Zakat n'était pas une perte, mais un trésor qui grandissait en étant partagé.