Sous un ciel de velours bleu nuit, piqué d'étoiles scintillantes, Yasin, Maryam et leur petite fille, Hafsa, marchaient en silence. Le sable beige, encore tiède de la journée, crissait doucement sous leurs pas. Ils se dirigeaient vers la mer, portés par une promesse de merveille.
Arrivés au bord de l'eau, Hafsa s'arrêta net. "Regardez !" murmura-t-elle. Devant eux, la mer n'était pas d'une seule couleur. Une ligne nette, comme tracée par un artiste invisible, séparait deux bleus distincts, l'un sombre et profond, l'autre plus clair, et ils refusaient de se mélanger.
Yasin s'accroupit près de sa fille. "Ce que tu vois, ma chérie, est un phénomène que les scientifiques expliquent par la différence de densité et de salinité. C'est comme une barrière invisible, un 'barzakh', qui les empêche de se confondre."
Il posa une main douce sur l'épaule de Hafsa. "C'est un des signes d'Allah. Dans le Coran, il est dit :
"Il a donné libre cours aux deux mers pour se rencontrer ; il y a entre elles une barrière qu'elles ne dépassent pas.' (Coran, 55:19-20)."
Hafsa regarda la ligne avec des yeux emplis d'émerveillement. Une barrière que les vagues elles-mêmes ne pouvaient franchir. Ce n'était plus seulement de l'eau, c'était un verset vivant, une parole divine qui se déroulait sous ses yeux.
Maryam s'assit près de son mari, son regard perdu dans l'immensité du ciel. "Soubhan'Allah," souffla-t-elle. "Ses signes sont partout, pour qui sait observer. Dans la danse des étoiles comme dans le secret des océans."
Yasin ajouta : "Et dans une autre sourate, Allah précise davantage ce miracle :
"Et c'est Lui qui a donné libre cours aux deux mers : l'une douce, rafraîchissante, l'autre salée, amère. Et Il a placé entre elles une zone intermédiaire et une barrière infranchissable." (Coran, 25:53)."
La famille resta là, un long moment, dans un silence respectueux. Le seul son était le murmure des vagues qui venaient mourir sur le sable, chacune respectant la frontière invisible. Leurs cœurs étaient remplis d'une paix profonde et d'une immense gratitude.
Hafsa comprit alors. La science décrivait le 'comment', et le Coran révélait le 'Pourquoi'. Les deux n'étaient pas opposés, mais étaient deux chemins menant à la même vérité, à la même admiration pour le Créateur.
En quittant la plage, Hafsa emportait avec elle bien plus qu'un souvenir. Elle emportait le secret des deux mers, un signe de la sagesse infinie d'Allah, gravé pour toujours dans son cœur sous un ciel de velours bleu nuit.
Créez votre propre site internet avec Webador