Sous le même ciel de velours bleu nuit, Yasin, Maryam et la petite Hafsa retournèrent au bord de la mer. La lune, fine comme un sourire, éclairait doucement le sable beige. Cette fois, le regard de Hafsa plongea dans le bleu sombre de l'eau. "Papa," demanda-t-elle, "est-ce qu'il fait tout noir, tout au fond de la mer ?"
Yasin s'assit sur le sable à côté de sa fille. "C'est une excellente question, mon trésor. Imagine le soleil comme une grande lampe. Ses rayons éclairent la surface de l'eau, mais plus ils descendent, plus ils s'affaiblissent. La mer est si profonde qu'au bout d'un moment, la lumière disparaît complètement."
"Alors, c'est le noir complet ?" murmura Hafsa, essayant d'imaginer cette obscurité absolue. "Oui," répondit Yasin. "Une obscurité si totale que les créatures qui y vivent ont leur propre lumière. C'est un monde de ténèbres que l'homme n'a découvert que très récemment, avec des machines spéciales."

Il marqua une pause, puis sa voix se fit plus douce. "Et pourtant, ma chérie, ce secret des profondeurs était déjà décrit dans le Coran, il y a plus de 1400 ans. Allah dit que les actions de ceux qui ne croient pas sont 'comme les ténèbres dans une mer profonde'."
Hafsa écoutait, captivée. Elle imaginait non pas une, mais plusieurs couches de noirceur. "Le Coran continue la description," ajouta Yasin:

"Ou [leurs œuvres] sont comme des ténèbres dans une mer profonde, recouverte par des vagues au-dessus desquelles il y a d'autres vagues, au-dessus desquelles il y a des nuages. Ténèbres qui s'accumulent les unes sur les autres. Quand il étend la main, il ne la voit presque pas. Celui à qui Allah n'accorde aucune lumière n'a aucune lumière."

(Coran, 24:40)

Maryam prit la parole, sa voix un murmure apaisant. "Soubhan'Allah. La science nous décrit les vagues de surface que nous voyons, et les vagues internes, plus profondes, que les scientifiques ont découvertes. Des ténèbres superposées, exactement comme notre Créateur l'a décrit."

Yasin répète la fin du verset :

"'Quand quelqu'un étend la main, il ne la voit presque pas. Celui qu'Allah prive de lumière n'a aucune lumière.' (Coran, 24:40).

Tu vois, Hafsa, la vraie lumière, celle qui nous guide même dans le noir, c'est la foi en Allah."
La famille resta silencieuse, méditant sur cette parole divine. Le bruit des vagues semblait maintenant raconter une histoire ancienne, celle d'un secret caché dans les abysses et révélé par le Créateur à Son Prophète, paix et bénédictions d'Allah sur lui.
Hafsa comprenait maintenant. La science, avec ses sous-marins et ses caméras, ne faisait que confirmer une vérité révélée il y a des siècles. Chaque découverte était un écho de la parole d'Allah, une invitation à la contemplation.
En quittant la plage cette nuit-là, Hafsa emportait avec elle le secret des ténèbres marines. Ce n'était plus une pensée effrayante, mais un signe magnifique de la connaissance infinie d'Allah, une lumière dans son cœur qui ne s'éteindrait jamais.