À La Mecque, vivait un jeune homme nommé Mus'ab ibn Umair, connu pour son élégance et sa beauté. Baignant dans la richesse, il portait les plus beaux vêtements et les parfums les plus rares. Il était la fleur de sa tribu, admiré de tous.
Un jour, la curiosité le mena à la maison d'Al-Arqam, où le Prophète Muhammad enseignait en secret un message nouveau. En entendant les paroles du Coran, le cœur de Mus'ab fut touché par une lumière qu'il n'avait jamais connue. En secret, il embrassa l'Islam.
Lorsque sa famille, et surtout sa mère qui l'aimait passionnément, découvrit sa conversion, leur monde s'effondra. Ils lui retirèrent toutes ses richesses, le laissant sans rien. Devant le choix entre le luxe de ce monde et sa foi, Mus'ab n'hésita pas.
Le jeune homme élégant disparut, remplacé par un disciple à l'allure humble. Ses vêtements fins firent place à une simple tunique rapiécée. En le voyant, les compagnons et le Prophète se souvenaient de son ancienne opulence, et leurs yeux s'emplissaient de larmes et de respect.
Voyant sa sagesse et sa piété, le Prophète lui confia la plus noble des missions : devenir le premier ambassadeur de l'Islam à Yathrib (future Médine), pour y enseigner la nouvelle foi et préparer les cœurs à accueillir la communauté musulmane.
À Yathrib, Mus'ab n'usa ni de force ni de contrainte. Par la beauté de sa récitation du Coran et la douceur de son caractère, il gagna le respect des chefs de la cité. Sa sagesse et sa patience ouvrirent les portes des cœurs les plus fermés.
Son enseignement porta ses fruits au-delà de toute espérance. Des familles et des tribus entières de Yathrib embrassèrent l'Islam grâce à lui. Il avait préparé la terre qui allait devenir Médine, la Cité Illuminée, le refuge des croyants.
Lors de la bataille d'Uhud, l'honneur de porter l'étendard des musulmans revint à Mus'ab. Il se tint au cœur de la mêlée, symbole de la foi et du courage, protégeant la bannière au péril de sa vie.
Frappé une première fois, il perdit sa main droite, mais serra l'étendard de sa main gauche. Frappé à nouveau, il perdit sa main gauche et maintint l'étendard avec ses bras contre sa poitrine, avant de tomber en martyr.
Après la bataille, on ne trouva pour l'ensevelir qu'un simple drap. S'il couvrait sa tête, ses pieds se découvraient. Le Prophète, le cœur empli de tristesse et d'amour, ordonna de couvrir sa tête et de mettre de l'herbe sur ses pieds. L'ambassadeur de lumière avait quitté les richesses de la terre pour trouver son trésor dans les cieux.
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