À Médine, la ville illuminée, vivait un jeune garçon d'une intelligence vive nommé Zayd ibn Thabit. Lorsque le Prophète Muhammad arriva, apportant avec lui un message de paix et de lumière, le cœur de Zayd fut captivé. Il aspirait à apprendre, à être proche de cette source de sagesse.

Le Prophète remarqua l'esprit vif et le caractère honnête du jeune Zayd. Il lui demanda de rester à ses côtés pour accomplir une tâche sacrée : être l'un des scribes chargés de mettre par écrit les versets du Coran au fur et à mesure de leur révélation.

Avec une dévotion absolue, Zayd s'acquitta de sa mission. Sur des omoplates de chameau, des feuilles de palmier ou des pierres plates, il inscrivait les paroles divines. Chaque mot tracé était pour lui un trésor, une responsabilité pesant plus lourd que les montagnes.

Les années passèrent. La révélation était achevée, mais ses fragments écrits étaient dispersés parmi les compagnons. À la mort du Prophète, une immense tristesse enveloppa la communauté, et avec elle, la crainte que ces paroles précieuses ne se perdent.

Après une bataille où de nombreux mémorisateurs du Coran périrent, le Calife Abu Bakr convoqua Zayd. Le cœur lourd, il lui confia une mission d'une importance capitale : rassembler tous les fragments du Coran en un seul et unique ouvrage pour le préserver.

Zayd sentit le poids de cette confiance écrasante. "Par Allah," dit-il plus tard, "s'ils m'avaient demandé de déplacer une montagne, cela aurait été moins lourd pour moi que cette tâche." Il comprenait que l'avenir de la communauté reposait sur son travail.

Avec une rigueur scrupuleuse, Zayd commença son œuvre. Il ne se fia pas uniquement à sa mémoire infaillible. Il chercha chaque fragment écrit et vérifia chaque verset avec au moins deux témoins qui l'avaient entendu directement de la bouche du Prophète.

Il rassembla presque tout, mais un verset qu'il avait lui-même entendu du Prophète manquait à l'appel sous forme écrite. Inquiet, il interrogea les compagnons un par un, cherchant sans relâche le dernier maillon de la chaîne sacrée.

Finalement, il trouva le verset manquant auprès d'un compagnon du nom de Khuzaymah, dont le témoignage seul avait été jugé par le Prophète comme équivalent à celui de deux hommes. La collection était enfin complète. La Parole divine était préservée.

Ainsi, Zayd ibn Thabit, le jeune scribe au service de la Révélation, devint l'instrument choisi pour compiler le Livre Saint. Sa piété et son intelligence veillèrent à ce que le message divin demeure une lumière pure et intacte, guidant l'humanité comme la plus brillante des étoiles dans le ciel.