Dans le pays de Madyan, vivait un peuple de commerçants prospères. Mais leur richesse était bâtie sur la malhonnêteté. Ils trichaient sur les poids et les mesures, et leur cœur s'était détourné d'Allah pour adorer un grand arbre. Par Sa miséricorde infinie, Allah leur envoya le Prophète Shuaïb (Jethro), l'un des leurs, pour les guider.

Il est était le beau-père de Musa (Moïse), le père de son épouse Safura (Sephora). Musa a travaillé pour lui durant huit ou dix ans avant que Shuaïb lui offre sa fille en mariage, cela avant qu'Allah lui ordonne sa mission prophétique auprès de pharaon.

Shuaïb leur parla avec une grande sagesse : "Ô mon peuple, adorez Allah. Vous n'avez pas d'autre divinité en dehors de Lui. Donnez la juste mesure et le bon poids, ne fraudez pas les gens dans leurs biens et ne semez pas la corruption sur la terre." (Coran 7:85).

Mais les notables orgueilleux se moquèrent de lui. Ils aimaient trop leur argent mal acquis et les traditions de leurs ancêtres. "Tes prières t'ordonnent-elles de nous faire abandonner ce qu'adoraient nos ancêtres ?" (Coran 11:87), dirent-ils avec mépris.

Patiemment, Shuaïb les avertit en leur rappelant le sort des peuples désobéissants qui les avaient précédés. "Ô mon peuple, que votre hostilité à mon égard ne vous entraîne pas à subir un sort semblable à celui du peuple de Nuh, ou du peuple de Hud, ou du peuple de Salih." (Coran 11:89).

Au lieu d'écouter, ils le menacèrent. Ils se postaient sur les chemins pour effrayer les gens et les empêcher de suivre la voie d'Allah. "Ne vous placez pas sur chaque chemin, menaçant et écartant de la voie d'Allah celui qui croit en Lui." (Coran 7:86).

Face à leur entêtement, Shuaïb et les quelques croyants placèrent leur confiance en Allah. Shuaïb fit une prière sincère : "Notre Seigneur, tranche entre nous et notre peuple en toute équité, et Tu es le meilleur des juges." (Coran 7:89).

Le châtiment d'Allah commença alors à tomber sur eux. Une chaleur écrasante s'abattit sur Madyan, si intense que ni l'ombre ni l'eau ne pouvaient les soulager. Ils suffoquaient jour et nuit.

Puis, un nuage sombre apparut dans le ciel. Pensant y trouver de la pluie et du réconfort, les habitants de Madyan se précipitèrent en dessous. Mais de ce nuage jaillit un Cri terrible et la terre se mit à trembler violemment. "Le Cri les saisit, et les voilà gisants dans leurs demeures." (Coran 7:91).

En un instant, tous les mécréants furent anéantis. Par la grâce d'Allah, Shuaïb et ceux qui avaient cru en son message furent sauvés. Il se détourna, le cœur triste pour son peuple qui avait refusé la guidée.

L'histoire du peuple de Madyan nous rappelle que l'honnêteté et la justice sont aimées d'Allah. La vraie richesse ne se trouve pas dans les biens mal acquis, mais dans la crainte d'Allah et le respect de Ses commandements.