Le prophète Musa (Moïse), un homme dont le cœur était déjà rempli de la lumière de la connaissance divine, demanda à Allah : « Ô Seigneur, y a-t-il sur terre quelqu'un de plus savant que moi ? » Allah lui répondit qu'il existait un de Ses serviteurs, au confluent des deux mers, qui possédait une sagesse différente, une connaissance des mystères. Poussé par une soif d'apprendre, Musa entreprit un long voyage pour le trouver.

Arrivé à destination, Musa rencontra Al-Khidr, un homme au visage serein dont la présence respirait la paix. Musa lui demanda humblement :

« Puis-je te suivre, afin que tu m'enseignes une partie de ce qui t'a été enseigné comme droiture ? » (Coran 18:66).

Al-Khidr accepta, mais à une seule condition :

« Tu ne pourras faire preuve de patience avec moi. [...] Ne m'interroge sur rien tant que je ne t'en aurai pas fait mention le premier. » (Coran 18:67-70).

Ils commencèrent leur voyage et montèrent à bord d'un petit bateau appartenant à de pauvres pêcheurs. En pleine mer, à la grande surprise de Musa, Al-Khidr fit un trou dans la coque du navire. Incapable de se contenir, Musa s'exclama : « Est-ce pour noyer ses occupants que tu l'as sabordé ? Tu as commis une chose monstrueuse ! ». Al-Khidr lui rappela doucement sa promesse de patience.

Poursuivant leur route, ils rencontrèrent un jeune garçon qui jouait. Al-Khidr s'approcha de lui et lui ôta la vie. Horrifié et le cœur brisé, Musa ne put supporter cette vision : « As-tu tué une âme innocente, qui n'a tué personne ? Tu as commis là une chose affreuse ! » (Coran 18:74). Une nouvelle fois, Al-Khidr lui rappela sa promesse.

Ils arrivèrent ensuite dans une ville dont les habitants leur refusèrent l'hospitalité, les laissant sans eau ni nourriture. En repartant, Al-Khidr remarqua un mur sur le point de s'effondrer. De ses propres mains, il le redressa et le consolida. Musa, épuisé et affamé, ne comprit pas : « Si tu avais voulu, tu aurais bien pu réclamer un salaire pour cela ! ».

Al-Khidr se tourna alors vers Musa et lui dit :

« Voici le moment de notre séparation. Je vais t'informer de l'interprétation de ce que tu n'as pu endurer avec patience. » (Coran 18:78).

Le cœur de Musa était prêt à écouter, à comprendre la sagesse cachée derrière ces actes en apparence insensés.

« Pour ce qui est du bateau, il appartenait à de pauvres gens qui travaillaient en mer. J'ai voulu le rendre défectueux, car derrière eux venait un roi qui s'emparait de tout bateau par la force. » En le trouant, Al-Khidr l'avait sauvé pour ses propriétaires.

« Quant au garçon, ses père et mère étaient des croyants. Nous avons craint qu'il ne leur impose la rébellion et la mécréance. » Par cet acte, qui était un ordre divin, Allah leur accorderait en échange un autre enfant, plus pur et plus aimant. C'était une immense miséricorde pour ses parents.

« Et quant au mur, il appartenait à deux garçons orphelins de la ville, et il y avait dessous un trésor à eux. Leur père était un homme vertueux. Ton Seigneur a donc voulu qu'ils atteignent leur maturité et qu'ils extraient leur trésor, par une miséricorde de ton Seigneur. » (Coran 18:82).

Al-Khidr conclut : « Je n'ai rien fait de ma propre initiative. Voilà l'interprétation de ce que tu n'as pas pu supporter avec patience. » Musa comprit alors que la sagesse d'Allah est un océan sans fond. Ce qui nous semble parfois injuste ou douloureux cache une miséricorde et un plan parfait que seuls nos cœurs patients et confiants peuvent commencer à percevoir.

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