Hafsa ouvrit les yeux dans le silence de la nuit. Un vilain rêve l'avait laissée toute frissonnante. Elle se sentait comme une toute petite étoile, perdue dans l'immense velours bleu nuit du ciel qu'elle voyait par sa fenêtre.

Une main douce se posa sur son épaule. C'était Ismaïl, son grand frère, dans son qamis beige de nuit. « Qu'est-ce qui ne va pas, ma petite étoile ? » demanda-t-il d'une voix apaisante.

« J'ai rêvé que j'étais toute seule, » murmura Hafsa. Ismaïl s'accroupit près d'elle. Il ne dit rien, mais son silence était comme une couverture chaude. Puis, il pointa un doigt vers le ciel.

« Regarde, Hafsa. Vois comme ces étoiles se regroupent pour dessiner des images dans le ciel ? On les appelle des constellations. Une étoile seule est jolie, mais ensemble, elles créent quelque chose de magnifique. »

Hafsa pencha la tête, fascinée. Elle n'avait jamais vu le ciel de cette façon. Les étoiles n'étaient plus seules ; elles dansaient les unes avec les autres.

« Dans le Coran, » continua doucement Ismaïl, « Allah nous dit que les croyants sont tous frères. Le messager d’Allah (que la paix et le salut soient sur lui) a dit : Le croyant est pour son frère tel un édifice dont les pierres se soutiennent les unes par rapport aux autres. Et en disant cela, il croisa les doigt. C'est un peu comme ces étoiles. Toi et moi, nous sommes une famille. Nous formons notre propre constellation. »

« Notre propre constellation ? » répéta Hafsa dans un souffle. L'idée la réchauffa de l'intérieur. Elle n'était plus une étoile perdue. Elle faisait partie d'un dessin, d'un plan magnifique.

« Oui, » affirma Ismaïl. « Et Allah nous demande de nous cramponner tous ensemble à Son câble et de ne pas nous diviser. Cela veut dire que nous devons toujours nous tenir la main. Quand tu as peur, je suis là. Et quand j'ai besoin de toi, tu es là. C'est ça, l'amour fraternel. »

Hafsa serra fort la main de son frère. La peur avait complètement disparu, remplacée par un sentiment de force et de chaleur. Elle se retourna et lui fit un gros câlin.

Ensemble, ils regardèrent le ciel une dernière fois. Ils n'étaient peut-être que deux petites lumières dans l'univers infini, mais leur amour fraternel brillait plus fort que toutes les étoiles de la galaxie, un cadeau précieux qui illuminait la plus sombre des nuits.